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28.04.2009

Futur en Seine

29 mai – 7 juin 2009

Une grande fête populaire autour des nouvelles technologies.

Futur en Seine est une manifestation festive et populaire qui réunit pour la première fois, le numérique de pointe et le grand public. Du 29 mai au 7 juin, Futur en Seine accueillera les

démonstrations et les conférences des nombreux professionnels du numérique de la région Ile-de-France, première région du numérique en Europe. De nombreuses manifestations publiques permettront à chacun de découvrir les technologies du futur et l'importance incroyable qu'elles occuperont dans l'avenir de notre société et dans notre approche du monde.

A l'initiative de Cap Digital et avec la contribution décisive de la Région Ile-de-France et le soutien actif de la Mairie de Paris, Futur en Seine a été créée pour offrir une vitrine au formidable vivier que constituent les associations, les entreprises, les studios et les laboratoires franciliens, première région du numérique en Europe. Grâce à leur talent et à leur ingéniosité, le public va pouvoir approcher, expérimenter et prendre en main les grandes révolutions numériques de demain.

Futur en Seine s'adresse au plus grand nombre : les projets intègrent des technologies de pointe présentant un aspect ludique. Cette volonté a notamment guidé la sélection des quinze installations qui seront dévoilées à cette occasion. La Montre Verte, Voxtrumental, Le Robot Touriste, Urbadeus, Le Télescope de Réalité Augmentée, Transport Amoureux... La découverte ne sera pas seulement amusante, elle sera également matière à réflexion, car, au-delà de leur aspect novateur qui leur confère une aura magique, tous ces projets s'inscrivent dans une véritable conscience communautaire par leur implication et le bouleversement qu'ils ne manqueront pas d'apporter dans notre vie quotidienne. Au-delà de l'émerveillement, tous portent en eux un caractère citoyen qui nous poussera à repenser notre relation aux autres, à prendre conscience de notre rôle dans la préservation de notre planète, qui transformera nos rapports avec ce qui nous entoure et nous amènera à redécouvrir la richesse de notre patrimoine.

Futur en Seine est donc une manifestation festive populaire et prospective. Pendant les dix jours de cette première édition, l'événement s'appuiera sur une armature solide constituée d'une architecture temporaire dressée place de la Bastille, rebaptisée pour l'occasion La Wikiplaza, et de 20 lieux répartis à travers l'Ile-de-France. Les visiteurs pourront y admirer 15 installations innovantes, parcourir 50 expositions, assister à 10 performances audiovisuelles et multimédias, participer à 20 colloques et conférences, écouter 100 intervenants nationaux et internationaux.

Futur en Seine affiche son ambition : devenir un rendez-vous incontournable de la scène internationale et s'imposer dans les années à venir comme « l'exposition universelle du numérique » !

Pour en savoir plus

07.02.2009

TECHNOROMANTISME

crayon_004.GIF

ART et ECOLOGIE et ARTS ET TECHNOLOGIES, ces deux problématiques sont reliées au seins de mon concept de TECHNOROMANTISME.

Nous devrions aussi créer un WIKI sur ces deux sujets.

Les documents visuels (DVD, films surtout) sur les créations récentes liées aux nouvelles technologies sont très difficiles à trouver.

Le site web de mon cours est visité par 250 000 personnes chaque année. http://stephan.barron.free.fr

Nous remercions les Artistes (arts technologiques, théatre, danse, musique...), ou institution (ECM...) qui souhaitent nous aider et nous informer en nous envoyant des DVD avec un descriptif
ou tout autre documentation (catalogue, imprimés, etc...).

Stéphan BARRON http://www.technoromanticism.com

Article critique à lire :
Evelyne Rogue, Compost de S. Barron ou le miroir de la communication

Evelyne Rogue, Technoromantisme (récension)

 

04.02.2009

Circuit Eclectique #04 - My Funny Valentine

bird15.gifCircuit Eclectique #04 - My Funny Valentine

Soirée éclectique - samedi14 février 2009

Qu’allons-nous faire ? (création) – Théâtre à Cru
Le 14 février à 18h30 puis 22h (2 représentations)
« Le public derrière les vitres du théâtre, protégé, surélevé pour certains, se retrouve spectateur de la réalité, et de la fiction que nous y intégrons. Nous multiplions les points de vue, celui des passants qui peuvent voir un écran suspendu, sur lequel sont projetés des objets ou des scènes en rapport avec la Saint Valentin et la galerie commerciale, un musicien jouant de la guitare, des personnes les regardant comme dans un aquarium géant… Les spectateurs, eux, entendent des bribes de conversations sans savoir tout d’abord d’où elles viennent. Comme si nous avions accès à l’intimité d’inconnus dans la rue, et l’occasion d’entendre leurs pensées. Une intrusion dans l’intime pour un partage public. Nous jouons sur les frontières entre l’anonymat, et le spectaculaire. » [A.Armengol]

Concert électro « cuivrée » (création) - Serge Adam & DJ 703
Le 14 février à 20h
Une création dans l’univers du trip-hop avec des emprunts à la techno et au break beat, pour un projet électro nourri de chaleur cuivrée. Une invitation à la danse, pour cette saint valentin, où le corps se met en mouvement malgré lui, gagné par les matières entêtantes du beat et des grooves. Une proposition organique des musiciens dont les modes de jeu - trompette et platines - font jaillir une expression bien vivante de leur environnement numérique.

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Exposition éclectique - 3 au 21 février 2009

Tableaux interactifs de Nicolas Clauss
Du 14 au 21 février
Cette exposition sera l’occasion de découvrir l’univers de Nicolas Clauss à travers une sélection de ses tableaux interactifs.
«Du canevas virtuel sur lequel il découpe, assemble et anime photographies, dessins et sons. Depuis 2000, il met ainsi en scène des petites compositions poétiques, intimes et sombres à manipuler [...] Loin des modes du net-art, et des tendances du web, Nicolas Clauss continue à explorer un monde inquiétant peuplé de photographies vieillies par le temps, peintures de Botticelli, danseuses et baigneurs en plastique…» [A.Girardeau – Ecrans 23.sept.2008]

Transit – exposition de Cyril Hatt
Du 3 au 21 février
« Je me comporte toujours comme un touriste lorsque je réalise des photos. » Photographier des valises ou des sacs comme l’on photographie des paysages, tel est le parti pris de Cyril Hatt pour cette série intitulée Transit réalisée cette saison durant sa résidence à la scène nationale.
Symbole du passage, du mouvement, de l’ailleurs, le bagage saisi dans l’espace urbain – sans la poésie du voyage – évoque le passager en transit dont le destin et la destination nous sont inconnus. Ce n’est pas l’exotisme du quotidien que l’artiste cherche à évoquer ainsi mais plutôt le trouble de se sentir étranger chez soi, dans une urbanité ou l’individu peut passer du statut d’usager à celui d’usagé sans en avoir fait le choix.

Retrouvez ces informations sur le site du Théâtre de l'Agora, scène nationale d'Evry et de l'Essonne > en ligne
Téléchargez le programme > en pdf

Le FRESNOY

espace_025.gifCONCOURS 2009

Portes ouvertes : jeudi 5 février à 14h30



Date limite d’envoi du dossier de présélection : 15 mai 2009

Dossier d’inscription en ligne sur www.lefresnoy.net



Informations

T : +33(0)3 20 28 38 00 / E : communication@lefresnoy.net / www.lefresnoy.net

Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains

22 rue du Fresnoy 59200Tourcoing - France

03.02.2009

TECHNOROMANTISME

crayon_004.GIF

ART et ECOLOGIE et ARTS ET TECHNOLOGIES, ces deux problématiques sont reliées au seins de mon concept de TECHNOROMANTISME.

Nous devrions aussi créer un WIKI sur ces deux sujets.

Les documents visuels (DVD, films surtout) sur les créations récentes liées aux nouvelles technologies sont très difficiles à trouver.

Le site web de mon cours est visité par 250 000 personnes chaque année. http://stephan.barron.free.fr

Nous remercions les Artistes (arts technologiques, théatre, danse, musique...), ou institution (ECM...) qui souhaitent nous aider et nous informer en nous envoyant des DVD avec un descriptif
ou tout autre documentation (catalogue, imprimés, etc...).

Stéphan BARRON http://www.technoromanticism.com

 

02.02.2009

TGNT

bird15.gifVISIONSONIC - SAMEDI 31 JANVIER à la Générale en Manufacture
A partir de 21h, avec TGNT et KAHOM


TGNT, c’est des ordinateurs, plein de boutons (dès qui tournent dès qu’on pousse), un sacré paquet de câbles, une batterie, un tuba, un saxophone, des paroles, une caméra, une craie et son ardoise plein de trucs et de machins… Mais c’est surtout la rencontre de 3 musiciens et de 2 vidéastes. Ensemble ils créent un univers évolutif oú Son et Image intéragissent pour vous emmener dans un voyage immersif.

Tom (Sisqueille) : machines, batterie
Greg : machines, tuba
Nadir et Pyer : vidéo live, dessin, voix
Tom (Manoury) : machines, sax, voix…

www.myspace.com/tgnt


Vie
Kahom/Vj Midriaz

Collaboration entre une Vj et un groupe à caractère ambiant pour un projet nommé Vie qui ne saurait se passer d’images.

Midriaz : Vidéo
Raphaël Salique : guitare & programmations
Michel Calcavecchia : guitare & chant

www.myspace.com/kahom
www.myspace.com/midriaz

01.02.2009

Festival artistique "Ici et demain"

crayon_004.GIFAppels à projets

Du 5 au 19 mars 2009, la Ville de Paris organisera la 6e édition du festival artistique étudiant « Ici et demain ».

Animé depuis 2004 par la Maison des initiatives étudiantes (MIE), le festival permet à tous les étudiants de Paris et de l’Ile-de-France d’aller à la rencontre du grand public pour leur faire partager leurs créations artistiques dans de nombreux domaines : théâtre, chant, danse, courts métrages, arts plastiques et numériques, musique, photographie, etc..

En 2008, les Parisiennes et Parisiens ont pu assister gratuitement à 50 spectacles, concerts, expositions ou projections dans une trentaine de lieux culturels de la capitale et en banlieue. Depuis sa création en 2004, le festival a ainsi attiré près de 70 000 spectateurs qui ont découvert plus de 450 projets portés par des étudiants.

La Ville de Paris lance à partir du 1er octobre 2008 un appel à projets en direction des étudiants qui souhaiteraient participer.

A l’issue de l’appel à projets, 50 projets seront sélectionnés pour faire partie de la programmation du festival en mars 2008.

Infos pratiques

(inscription du 1er octobre au 1er décembre 2008)

Qui peut participer ?

Tous les étudiants (post bac) de Paris et d’Ile-de-France.

Quel projet présenter ?

Le festival comporte quatre catégories : musique, arts plastiques, spectacle vivant et courts métrages.

Comment participer ?

Les étudiants doivent télécharger le dossier de candidature sur www.mie.paris.fr ou sur www.etudiantdeparis.fr et le retourner à l’adresse indiquée avant le 1er décembre 2008.

Qui sélectionne les projets ?

Un jury composé d’étudiants, de journalistes, de professionnels du monde des Arts et de la Culture et de représentants de la Ville de Paris.

Renseignements auprès de la Maison des initiatives étudiantes : mie@paris.fr

Evelyne Rogue, Viral Counter Attack : une œuvre de « prophète »?

bird15.gifEt si ce désir de l’homme de jouer au Démiurge n’est pas nouveau, ni « moderne », ni même « contemporain », dans la mesure où nous savons que depuis la nuit des temps l’homme a toujours tenté de se rendre « comme maître et possesseur de la nature », notamment en tentant de fabriquer des êtres à son image, force est de constater que ce projet scientifique ou vœu pieu de l’homme qui se prend pour Dieu, est inlassablement répété, depuis l’aube de l’humanité. L’homme a toujours cherché à posséder un pouvoir démiurgique sur la nature, et sur la nature humaine en particulier. D’ailleurs, ce n’est sans doute pas un hasard si depuis la mythologie, « Chimère » est source de toutes les inquiétudes. Descendante en ligne directe de Gaïa (la Terre), elle évoque en effet un monde titanesque, inachevé et terrible, antérieur à l’ordre instauré par les dieux de l’Olympe. En ce sens, on ne peut pas ne pas penser à tous les projets démiurgiques que nous connaissons en commençant par Golem et Galatée pour arriver aux créatures virtuelles, voire à la société des clones13 ou à l’être parfait physiquement et intellectuellement, parce que génétiquement non pas modifié, mais programmé14, sans oublier toutes les générations de robots humanoïdes que nous connaissons aujourd'hui, et celles à venir, évidemment?

D’ailleurs, si après l’art biotech’15, exposition présentée par « le lieu unique » à Nantes en mai 2003, la Principauté de Monaco16 a proposé de découvrir l’exposition « Chimères : de la mythologie aux biotechnologies » c’est bien parce que de manière récurrente le thème de la Chimère réapparaît dans l’histoire de l’art, de la littérature, et des sciences évidemment. A tel point que la question qui se posait, s’imposait, à nous lors de la visite de cette exposition consistait à savoir s’il faut craindre les « chimères biotechnologiques ». Interrogation qui se réfléchit nécessairement dans le questionnement suivant : peut-on manipuler le vivant? J. Nechvatal, pour sa part, en faisant apparaître à quel point la génération et la corruption sont intimement intriquées l’une dans l’autre, voire entremêlées, du fait de l’implication des procédures dissemblables et parfois opposées – l’autre dans le même, et des hyper-mélanges en lesquels la génération parvient à se loger, se prend à rêver d’un corps sans organes, aux couleurs de la « résurrection ». Ou pour le dire autrement Viral Counter Attack en remettant entre les mains de l’homme un certain pouvoir démiurgique ne pose plus seulement la question de sa place au sein de la Nature, mais la question de savoir s’il est légitime de parler de culture en terme de « dénaturation », s’il ne serait pas plus juste d’en parler en terme de « surnaturalisation » au sens où peut-être il nous faudrait admettre qu’on « accomplit mieux cette nature qu’on quitte au moment même où on la prolonge17 ».

Il n’est cependant pas question de technoromantisme dans Viral Counter Attack. Cette installation interactive doit être vue, à l’ère du numérique, par l’autre bout de la lorgnette, comme une nouvelle manière de conceptualiser le réel en le réfléchissant dans des images « quasi-vivantes », ou « semi-vivantes » en tant qu’elles sont, au même titre que tout être vivant, vouées à la dégénérescence. Or, entre dégénérescence et re-naissance, c’est à un dépassement des antagonismes que nous invite à réfléchir cette création. Rêvant d’un corps sans organe qui n’est pas sans nous faire penser à Malpighi qui imagina le premier la fécondation des animaux par le moyen de l’art, en tirant les œufs d’un papillon de ver à soi en les baignant dans la liqueur du mâle, Viral Counter Attack propose au visiteur de s’essayer au travail des naturalistes-explorateurs en expérimentant la puissance de vie, sur le mode ludique évidemment, sur des colonies de virus choisies.

Cette création est donc bien prophétique au double sens que l’on peut donner au terme de “prophète”, c'est-à-dire de celui qui rappelle à temps et à contretemps l’essentiel, mais aussi de celui qui annonce la vérité de ce qui est en train de se produire. Il faut donc bien comprendre que le prophète ici n’est pas devin, mais bien plutôt celui qui est attentif à ce qui est. Or ce qui est c’est bien l’inquiétude, voire l’angoisse, du risque d’une contamination virale à l’échelle planétaire envisagée tant du point de vue numérique que biologique à l’état pur. Si effectivement « il est permis de se représenter le développement d’une maladie infectieuse dans le corps humain comme l’histoire d’une espèce de microbes, avec son origine, son apogée et son déclin »18, c’est bien ce développement « viral » que nous propose d’expérimenter, de tenter de maîtriser aussi, autant que faire se peut, Viral Counter Attack. Ce dont cette installation interactive tente de nous faire prendre conscience en tant qu’œuvre de « prophète », c’est qu’entre l’espèce virale et l’espèce humaine, il y a certes incompatibilité radicale, mais aussi symbiose totale que nous refusons de voir et devons pourtant accepter. Ou pour le dire autrement, de la même manière que J. Baudrillard19 l’admet des microbes, il faut reconnaître que l’autre de l’homme n’est pas le virus ; car ils ne s’opposent jamais dans leur essence, ni même ne se confrontent, mais s’enchaînent ; ils s’enchaînent dans un enchaînement qui est comme prédestiné. De ligne de démarcation nous n’en trouverons d’ailleurs pas, pas plus dans la nature que dans Viral Counter Attack ou tout autre « tableau animé », car cet enchaînement se répercute à l’infini.

Ainsi, ce que tente de rendre visible aussi bien les « tableaux animés » que Viral Counter Attack, c’est bien que le virus est la forme cachée qui altère tout ; mais une forme cachée avec laquelle il n’est pas de négociation possible, pas plus que de réconciliation non plus. Il faut dès lors accepter le fait que nous vivons de la même vie que cette forme cachée. D’ailleurs, en tant qu’espèce virale, elle mourra en même temps que nous. Son destin est le même, car nos destins sont liés. Comme cette histoire du ver dans l’algue. Un ver nourrit dans son estomac une algue sans laquelle il ne peut rien digérer. Tout se déroule positivement, jusqu’au jour où le ver prend la décision de dévorer son algue. Il la dévore et, en meurt bien évidemment, sans même l’avoir digérée, puisqu’elle ne peut plus l’y aider. C’est cette absurdité de l’existence, en un certain sens, que rend visible J. Nechvatal et audible Music2eye.

Ce que nous donne à voir Viral Counter Attack c’est donc bien l’invisible au double sens du « passage ». Passage dans un premier temps du même à l’autre sur fond d’identité au sens où Platon disait très justement : « même dans le temps que chaque animal passe pour être vivant et identique à lui-même, dans le temps, par exemple, qu’il passe de l’enfance à la vieillesse, bien qu’on dise qu’il est le même, il n’a jamais en lui les mêmes choses, mais sans cesse il rajeunit et se dépouille dans ses cheveux, dans sa chair, dans ses os, dans son sang, dans tout son corps… aucune de ses choses ne reste la même en chacun de nous »20. Cette installation interactive donne effectivement à voir, à qui veut bien prendre la peine de regarder attentivement, ce combat permanent entre ce qui est perpétuellement en changement et ce qui demeure par delà les changements, c'est-à-dire l’invariant. Passage dans un second temps à travers les frontières, les limites. En cela cette création artistique engage à reconsidérer notre vision d’une Nature dont l’art consiste simultanément à travailler pour soi et contre soi. Par bonheur, la Beauté de l’image vient réconforter le spectateur, lui proposant de rêver, tant sur le mode de la métaphore que de la transcendance, d’un corps sans organe.

Effectivement, ce que donne à expérimenter Viral Counter Attack, pour paraphraser G. Deleuze et F. Guattari, c’est que le pis n’est pas de rester infecté par une colonie de virus, mais de précipiter une colonie dans un effondrement suicidaire ou dément, qui la ferait retomber sur nous, plus destructrice que jamais. Que faut-il faire alors? S’installer sur une colonie de virus, expérimenter les chances qu’elle nous offre, y chercher un lieu favorable, des mouvements de déterritorialisation éventuels, des lignes de fuite possibles, les éprouver, assurer ici et là des conjonctions de flux, essayer segment par segment des continuums d’intensités, avoir toujours un petit morceau d’une nouvelle terre. Autrement dit, ce dont le visiteur-spec-acteur doit avoir conscience c’est que c’est suivant un rapport méticuleux avec les colonies de virus qu’il parviendra peut-être à libérer les lignes de fuite, à faire passer et fuir les flux conjugués, à dégager des intensités continues pour un CsO. Dans la mesure où comme on peut le lire dans Milles Plateaux, nous sommes dans une formation sociale ; il est nécessaire non seulement de voir d’abord comment cette dernière est stratifiée pour nous, en nous, à la place où nous sommes ; mais aussi de remonter des strates à l’agencement plus profond où nous sommes pris ; voire enfin de faire basculer l’agencement tout doucement, le faire passer du côté du plan de consistance. C’est seulement là que le CsO se révèlera ; si tant est que cela soit possible, pour ce qu’il est, connexion de désirs, conjonction de flux, continuum d’intensités. Alors seulement, il sera possible de dire que l’on a construit sa petite machine à soi, prête suivant les circonstances à se brancher sur d’autres machines collectives21. De la sorte telle une glorification de l’image romantique, Viral Counter Attack ne donne pas seulement à expérimenter, mais aussi à contempler sous forme épurée, après avoir transgressé toutes les frontières, la vie repensée et la mort conceptualisée.

Cette installation interactive, en tant que création « prophétique », pose donc les problèmes de son temps, dans le langage de son temps. Non seulement en effet, chaque contemporain pense dans un continuum d’idées, dans un champ conceptuel qu’il n’a pas engendré, même s’il participe à sa création continuée de manière plus ou moins active, lequel forme le cadre de sa pensée. Mais en plus, une pensée ne vient jamais seule. Elle constitue, en réalité, avec les autres pensées de son temps un « rhizome ». Il serait par conséquent illusoire de croire que le « je » du « je » pense est l’auteur d’une pensée unique, singulière, particulière, originale et originelle surtout. Comme le fait remarquer Nietzsche « la pensée qui devient consciente ne représente que la partie la plus infime, disons la plus superficielle, la plus mauvaise, de tout ce que l’homme pense : car il n’y a que cette pensée qui s’exprime en paroles, c'est-à-dire en signes d’échanges, ce qui révèle l’origine même de la conscience »22. Autrement dit, nous ne nous mettons à penser qu’au sein d’une pensée déjà faite, véhiculée par les discours que nous lisons, que nous entendons aussi.

En tant que création autant visuelle que sonore, Viral Counter Attack ne peut pas non plus ne pas nous conduire à revenir sur l'affirmation de Stravinsky selon laquelle la musique est "impuissante à exprimer quoi que ce soit." Au contraire, la création sonore nous invite à nous poser la question de la musique comme langage ; musique qui en général permet de poser le problème de la signification artistique avec le plus d'acuité, en nous donnant ici tout particulièrement la possibilité de plonger dans des espaces infinis. Au delà et en deçà de toute contemplation, dans sa confrontation à l’œuvre, le spec-acteur est convié, certes à pénétrer dans la grande yourte, mais aussi et surtout, par l’intermédiaire de cette expérience immersive unique, à tenter d’entendre la voix de l'autre, à tous les sens du terme, et plus précisément au sens de la « conscience éthique ».

* * *

Viral Counter Attack en tant que qu’œuvre « moderne », « contemporaine », de « génie », de « prophète », en exprimant les problèmes de son temps, et notamment celui posé par les infections virales, qu’elles fassent penser le visiteur à l’encéphalopathie spongiforme bovine, au V.I.H., ou bien encore à d’autres virus « dans l’air du temps », voire à toutes les autres sortes de virus informatiques que nous connaissons, tente de nous faire prendre conscience que chacun est le destin de l’autre, avec tous les risques de destruction qui en découlent, non par malédiction, mais de par la destination vitale qui nous est propre. Ce que rend perceptible cette installation interactive, pour qui veut bien s’en apercevoir, sous forme audible et visible, au delà du monde illusoire des apparences, c’est que le destin secret de chacun consiste à tenter inlassablement de détruire l’autre ou de le séduire…

31.01.2009

Evelyne Rogue, III : Viral Counter Attack : une œuvre de « génie »?

interro_003.GIFJe répondrai à la question en disant que m’en fais une idée en termes d’œuvre de « génie » et/ou de « prophète ». Si je parle de Génie à propos de Viral Counter Attack c’est parce que je considère les artistes comme étant des êtres « divins », non pas au sens où Platon parle de la « divine folie », mais au sens que Batteux lui donnait en 1747 dans son Traité des beaux-arts réduits à un même principe, le définissant comme une faculté d’inventer, une faculté d’apercevoir dans la nature des aspects nouveaux, d’y découvrir de nouvelles parentés, de voir les choses sous un côté nouveau qui avait échappé jusque là à tout le monde. Or justement, il nous faut reconnaître que le « génie » de Music2eye, repose essentiellement dans le fait de réussir à faire entendre ce qui ne peut être entendu, de rendre sonore ce qui est silencieux. Simultanément le « génie » de Joseph Nechvatal consiste à donner à voir l’invisible, à rendre visible ce qui est imperceptible.

D’ailleurs les huit vidéos, présentées au sous-sol de l’Espace Landowski nous proposent de découvrir une partie de ce parcours qui consiste pour les artistes à donner à voir et à entendre ce que nous refusons souvent d’admettre consciemment, à savoir que « nous sommes en rhizome avec nos virus ». Les images des vidéos donnent à voir comment l’introduction d’un embryon de vie artificielle en tant qu’agent autonome, c'est-à-dire un Virus, peut « vivre » en se nourrissant de son support jusqu’à l’absorber totalement, alors même que cette attaque virale se donne à entendre, telle qu’elle a été conçue par Music2eye, jusque dans la Nef. Et si les tirages photographique de ces moments de vie en quelque sorte figés, en tout cas fixés pour une durée indéterminée sur le papier, sont comme autant d’invitation à la contemplation d’une image qui se voudrait romantique de la Nature, bien qu’emportés sur les rivages de l’hyper-réalité, qui constituent désormais notre point focal de visibilité du corps propre, il ne faut jamais oublier que chaque tableau animé nous propose de faire l’expérience esthétique de la volupté de l’Éternel Retour du même à l’autre, plus que de l’identique au semblable, tel un rêve réalisé.

Or si l’important est que le Génie fait date dans l’histoire des idées ; Helvétius définissant, dans De l’Esprit, le Génie comme la faculté de trouver de l’inconnu, et même d’inventer, nous rappelle à quel point Viral Counter Attack est une création de « génie » Ce qu’invente en effet cette installation entre connexionnisme et connectivisme, c’est l’abolition des frontières entre Nature/Culture, Esprit/matière, Objectif/subjectif, préférant le concept d’« omnijectivité » à tout autre, nous proposant par là même de faire l’expérience de la limite, voire de la transgression. Se situant au point de rencontre plus que de rupture de la Vie et de la Mort, cette installation interactive en donnant à expérimenter des « virus » en acte dans des images les détruisant aussi lentement que sûrement, ne nous propose pourtant pas de faire l’expérience négative de l’irrémédiable destruction du corps par le temps, ni du passage de la vie à la mort qui telle une peau de chagrin s’amenuise un peu plus chaque jour. Au-delà de tout désir d’éternité, se jouant à chaque instant qui passe des principes de la Vie Artificielle, c’est à la prise de conscience, que la nature est en soi génération et corruption sans cesse renouvelée qu’en appelle Viral Counter Attack. Certes, en partant de l’affirmation selon laquelle « nous sommes en rhizome avec nos virus », J. Nechvatal n’invente pas réellement tout ; il ne réinvente pas la roue! Il connaît parfaitement les textes de G. Deleuze et F. Guattari, notamment Mille Plateaux. Il a rencontré Roy Ascott, et, c’est en ce sens qu’il nous faut dire que le véritable « génie » est celui qui fait époque.

Comprenons par là que le Génie est comme diffus dans l’univers, et que quelques personnes seulement en prennent conscience. Comme le note Helvétius dans son Discours « le hasard remplit auprès du Génie l’office de ces vents qui, dispersés aux quatre coins du monde, s’y chargent de matière inflammables qui composent les météores ; ces matières formées vaguement dans les airs, n’y produisent aucun effet jusqu’au moment où, par des souffles contraires, portées impétueusement les unes contre les autres, elles se choquent en un point ; alors l’éclair s’allume, brille, et l’horizon est éclairé »12. En nous permettant d’une part de diriger directement le déplacement des virus sur l’écran et d’influencer d’autre part leur évolution et leur survie, les artistes ne nous donnent pas seulement la possibilité de jouer avec des « limites», mais nous propose aussi de faire l’expérience de la transgression dans un univers qui se veut au point de rencontre du Virtuel et du Réel, que J. Nechvatal nomme le « viractuel ». Une telle attitude répond bien à la définition du Génie, préromantique, en un certain sens, selon laquelle le génie est une force complexe mêlant la force de l’imagination, la vivacité des sensations, et le fait que tout chez lui contribue à la créativité.

Et Diderot de stipuler dans son article de l’Encyclopédie qui lui est consacré que : « l’homme de génie est celui dont l’âme plus étendue, frappée des sensations de tous les êtres, intéressée à tout ce qui dans la nature, ne reçoit pas une idée qu’elle n’éveille un sentiment, tout l’anime et tout s’y conserve ». Idée que l’on retrouve lorsque J. Nechvatal nous dit qu’il a été influencé par les travaux de L. Pasteur, lesquels se trouvent à l’origine de Virus Project développé de 1991 à 1993 alors que l’artiste était en résidence dans le Jura en France. Arrivant de Chicago, on peut dire que le contraste entre les deux cultures fut aussi saisissant que positif en termes de réflexion et de création. Si c’est à la suite de cette expérience que l’artiste eut l’idée de réaliser ses « tableaux animés » destinés à l’exposition Computer Virus Project, née du souhait de la Fondation Claude-Nicolas Ledoux & Senans, dans le cadre de quelques actions manifestes dans le domaine de l’art contemporain, alors il faut dire que le Génie est bien ce qui a « une force de l’enthousiasme » qui rend capable de faire la synthèse de tout ce qui vient des observations, des connaissances et de l’imagination. Observer le monde qui les entourent, J. Nechvatal et Music2eeye ne cessent de le faire, de connaissances de ce monde qui les entoure ils n’en manquent pas ; quant à leur imagination, elle est une incessante force créatrice.

D’imagination, il ne faut en effet pas en manquer pour penser une structure immersive de 7 mètres de large, 5 mètres de profondeur, et 3,5 mètres de haut dans le seul but d'exhorter le visiteur spec-acteur à un dialogue sensitif et pictural entre des organismes humains et des entités artificielles. Les peintures de l’artiste constituent en effet à la fois l'environnement des virus et le champ de bataille des joueurs. Ces images sont produites d'une manière similaire à la série de peintures intitulée « OvOidism ». Dans « OvOidism » des paysages créés à partir de la combinaison de la représentation d'organes intimes humains et d'éléments naturels sont attaqués par une population de virus artificiels. Ces derniers se nourrissent des images pour survivre et se reproduire, ce qui se traduit visuellement par une lente dégradation des peintures initiales. Recourant à la couleur pour rendre compte de cette immuable instabilité, l’artiste la fait apparaître dans toute sa richesse, dans toutes ses nuances, telle une force vive, qui n’est pas sans rappeler le mot de Cézanne « la couleur n’est-elle pas ce lieu où notre cerveau et l’univers se rencontrent? ». Utilisant la couleur et le son comme des vecteurs biologiques de séduction, Viral Counter Attack se veut être aujourd'hui une incitation pour le spec-acteur à pénétrer l’univers secret de la Vie et de la Mort, à tenter de sonder les mystères impénétrables du Vivant, à tester aussi sa capacité à s’adapter en toutes circonstances, à trouver des règles du jeu qui ne sont pas données, mais à inventer, voire à ré-inventer à chaque instant.

En nous immergeant dans un univers spatio-temporellement déterminé et connoté, dont la dimension sonore elle-même participe à cette expérience esthétique magique, presque surnaturelle, Viral Counter Attack nous propose rien de moins que de transgresser les limites, de plonger dans des espaces infinis dont chacun pourra à loisir explorer tant la dimension ontologique que phénoménale et/ou épistémologique. J. Nechvatal et Music2eye nous convient par là même à explorer tous les aspects du jeu, qu’ils soient philologiques, mythologiques, anthropologiques et/ou psychologiques. Un jeu qui se donne à expérimenter tel un espace dans lequel il n’y a rien à perdre, rien à gagner, mais seulement, en mettant en compétition plusieurs participants auxquels le pouvoir est donné de contrôler avec les mouvements de leur corps des colonnes virales artificielles antagonistes, à promouvoir l’amitié et la coopération entre les individus destinés à vivre longtemps ensemble. Au-delà et en deçà de toute contemplation, dans sa confrontation à l’œuvre, le spec-acteur est alors convié, sur le mode de l’esthétique de l’interactivité dévoilante, à inventer de nouveaux jeux de langage ainsi que les formes de vie qui y correspondent, à se jouer des principes de la Vie Artificielle, en un mot, à participer au jeu de la vie et du hasard….

30.01.2009

Evelyne Rogue, "Les pissenlits" ou l'esthétique du numérique

Si nul n'ignore à quel point le jugement esthétique est déterminé par le contexte socioculturel dans lequel il s'insère, il semble nécessaire de s'intéresser à ce type d'art tout à fait particulier qu'est l'art numérique, lequel procure au spectateur une expérience esthétique singulière. Expérience esthétique qui peut se trouver dépassée par l'art utilisant autant l'électricité que la vidéo pour se réaliser. Ou pour le dire autrement, "l'attitude esthétique" ne connaît pas de repos. Sans cesse elle effectue des recherches et met à l'épreuve. Il s'agit d'ailleurs moins d'une attitude que d'une action: "création et recréation". L'expérience esthétique s'en trouve ainsi entièrement renouvelée, tentant de faire du regardeur un acteur plutôt qu'un spectateur. C'est en ce sens qu'il nous semble légitime de parler de l'art en termes d'expérience esthétique, car de plus en plus, le spectateur-acteur joue un rôle primordial dans les œuvres d'art, qu'il vient apprécier recourant de plus en plus à un art du dévoilement sous-tendu par une esthétique de l'implémentation.


25 novembre 2008 - 22 février 2009 : Exposition « O »
Centre d’Art Rurart. Rouillé (Poitiers)

Présentation des Pissenlits
de Edmond Couchot & Michel Bret.

>Dossier de presse :
>Site de Rurart

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