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06.03.2009

Genopole®

Nouveau portail en ligne

Le Genopole® propose un nouveau site Internet. © Genopole®

Le premier bioparc français dédié aux biotechnologies et aux biothérapies, le Genopole® d’Evry vient de rénover son site Internet. Ce nouveau portail propose notamment une rubrique pour mieux comprendre les enjeux liés à la recherche en génomique, génétique et aux biotechnologies.
Le site du Genopole® fait peau neuve. Lancé en 1998 en région francilienne, à Evry-Corbeil, le projet Genopole® est le premier bioparc français dédié aux biotechnologies et aux biothérapies. Le nouveau site Internet met également à disposition des informations générales relatives à la recherche en génomique, génétique et aux biotechnologies. Intitulée « Comprendre », cette rubrique décrit les enjeux et problématiques portés par le pôle. Le site décline l’offre du pôle et propose une rubrique « actualités » et un agenda.
Le pôle regroupe 64 entreprises de biotechnologies, 22 laboratoires académiques de recherche et 17 plateformes et plateaux techniques ouverts.

11.02.2009

Fête du libre

espace_025.gifEn 2009, et pour la neuvième année consécutive, la seconde quinzaine de mars sera sous le signe du libre en France, grâce à l’opération nationale "Libre en fête". En 2008, 18 régions françaises avaient participé à cet événement, qui permet de mettre en relation les utilisateurs du libre avec ceux qui souhaitent le découvrir. Cette année, la région Rhône-Alpes se mobilise à nouveau.

Le programme en cours d’élaboration : http://spreadsheets.google.com.

Le site : http://rhone.libre-en-fete.net.

Wikimini


Wikimini est une encyclopédie collaborative destinée aux enfants et adolescents… et alimentée par eux. Les jeunes et écoliers du monde entier sont invités à compléter les articles et en créer de nouveaux. Un projet d’activité qui peut séduire tous les enseignants et éducateurs, et servir de support à un atelier dans un espace public multimédia.


Wikimini compte actuellement 676 articles et 1 218 rédacteurs (les "Wikiminautes"). Pour y collaborer, c’est aussi facile qu’avec Wikipédia. Nul besoin de logiciel spécifique ou de connaissances techniques particulières. Juste l’envie de partager ses savoirs avec ceux des autres.

Quelques arguments pour collaborer à Wikimini :
- c’est un moyen pour valoriser les connaissances d’enfants ou de jeunes,
- les savoirs informels (acquis hors de l’école) y sont autant de place que les acquis scolaires,
- Wikimini recouvrant tous les domaines, chacun peut y retrouver ses centres d’intérêt tout en en découvrant de nouveaux,
- contribuer à Wikimini demande de faire un effort de structuration, d’écriture, de précision et de synthèse,
- cela demande aussi d’accepter de partager ses savoirs avec ceux des autres, d’accepter que son écrit soit modifié par d’autres,
- c’est un apprentissage d’éducation à l’information. Wikimini exerce l’esprit critique de l’enfant qui évalue les contributions d’autres Wikiminautes pour éventuellement les modifier ou les compléter. Il incite le rédacteur à parfaire ses connaissances, se remettre en cause, chercher des informations et se documenter. Le Wikiminaute comprend peu à peu comment produire de l’information "de qualité" sur Internet.

Le site : http://fr.wikimini.org

Les jeunes à l'honneur dans le 17e appel à projets du Fonds francophone des inforoutes


Les soumissions de projets pour le Fonds francophone des inforoutes dont la mission est de favoriser l’appropriation et l’usage des technologies dans les pays du Sud et d’Europe centrale et orientale peuvent être déposées jusqu’au 17 avril 2009.

Les projets portés par ou au bénéfice des femmes et/ou des jeunes sont encouragés et recevront une attention particulière.

Ayant pour objet la production multilatérale de contenus et/ou d’applications numériques francophones, les projets soumis au Fonds des inforoutes doivent impérativement s’inscrire dans l’un des domaines suivants :
- promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique ;
- promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme ;
- appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche ;
- développer la coopération au service du développement durable et de la solidarité.

Conformément à la Déclaration du Sommet de Québec et à sa résolution sur la promotion de la langue française, le Fonds francophone des inforoutes accordera une place importante aux projets qui favorisent l’accessibilité et la visibilité des ressources numériques valorisant la langue française et son rayonnement.

Le choix des projets qui recevront une subvention à l’issue de ce 17e appel interviendra au cours de la seconde quinzaine du mois de septembre 2009.

L’appel a pour objet la création de contenus et/ou d’applications numériques francophones.
Malgré l’intérêt de ce type d’initiatives, la mise en place de cybercafés, de centres informatiques ou bien encore le soutien à l’organisation d’événements nationaux ou internationaux ne relèvent pas de la mission du Fonds.

Le projet doit associer :
- au moins 3 principaux partenaires issus d’Etats et de gouvernements distincts (en d’autre terme, au moins 3 pays distincts de l’Organisation Internationale de la Francophonie doivent être représentés par les organismes partenaires de réalisation du projet),
- dont au moins deux sont établis dans un ou des pays francophones du Sud et/ou d’Europe centrale et orientale.

Dans le cas où le projet génère des revenus, celui-ci respecte les critères suivants :
- activités à but non lucratif : Les revenus générés par le projet sont réinvestis dans celui-ci afin de couvrir les coûts de production des produits et services fournis, le renouvellement des équipements et un éventuel accroissement des activités du projet.
- au bénéfice des utilisateurs finaux du projet : Les principaux produits et services du projet sont mis à la disposition de la population bénéficiaire gratuitement ou moyennant une participation financière acceptable pour cette population.
- pérennisation des acquis du projet : Les revenus générés par le projet doivent permettre de poursuivre ces activités au-delà de la période de soutien financier apporté par le Fonds.

Infos : http://www.inforoutes.francophonie.org

07.02.2009

Evelyne Rogue, Le wiki ou l'avenir de l'encyclopédie

crayon_004.GIFL’internet tisse entre tous les êtres humains une cotte hypermédiatique susceptible – à terme de conduire au-delà de lui-même, et de lui donner par suite une portée inédite. Réitération, en somme, de l’exploit effectué par l’écrit, puis par l’imprimerie, mais à une échelle tout autre dont la finalité n’en semble pas moins proche du projet encyclopédique dont on sait que l’origine du terme remonte au 16ème siècle. Apparaît immédiatement l’idée d’une totalisation du savoir, d’une appréhension générale et ordonnée des différents domaines de connaissance ; mais également le caractère irréaliste d’une telle ambition. Autrement dit, l’encyclopédie (egkuklios païdeia) en tant qu’« instruction circulaire, embrassant le cercle entier des connaissances[1] » serait condamnée à n’être qu’un projet, et à le rester par définition. Cependant, puisque ce projet existe réellement, même si l’encyclopédie réalisée n’est encore qu’un espoir, c’est non seulement la question de son sens, mais aussi celle de sa finalité qui se posent. Pourquoi des hommes se sont-ils efforcés de construire ce « grand œuvre » durant des vies entières ? Le wiki serait-il l’avenir de l’encyclopédie ?

Comme l’érudition, l’esprit encyclopédique est souvent devenu une expression péjorative, et l’encyclopédisme, qui a d’abord désigné de façon neutre le système ainsi que les principes des encyclopédistes, est le plus souvent employé pour stigmatiser les programmes trop ambitieux dans le cadre scolaire, ou plus généralement la tendance à l’accumulation passive et désordonnée des connaissances. Il n’en demeure pas moins vrai que l’horizon de l’institution scolaire est celui de l’encyclopédie de tous les savoirs, la définition principielle de l’école étant qu’aucune ignorance n’est utile. Une tête bien faite n’est jamais vide ! Si en fait nul ne peut prétendre maîtriser les savoirs ; en droit, ils sont accessibles à tous. Les limites de l’intelligence, et plus prosaïquement de la vie humaine interdisent évidemment l’accès de chacun à la totalité des savoirs disponibles. En effet, force est de reconnaître que « le savoir de la communauté pensante n'est plus un savoir commun, car il est désormais impossible qu'un seul humain, ou même un groupe, maîtrise toutes les connaissances, toutes les compétences, c'est un savoir collectif par essence, impossible à ramasser dans une seule chair. Cependant, tous les savoirs de l'intellectuel collectif expriment des devenirs singuliers, et ces devenirs composent des mondes[2]. » Certes, depuis Diderot le rêve d’une maîtrise par un seul homme de l’ensemble des connaissances a été définitivement abandonné, non seulement parce que leur abondance submerge l’esprit, mais aussi parce que le rapport au monde a changé à partir de la Renaissance. Longtemps, on a réfléchi l’organisation et l’unité du savoir dans la linéarité du discours. De ce point de vue, il y a une continuité évidente entre les cosmogonies antiques et les sommes médiévales. L’objet du savoir s’appréhendait comme finitude, son mode d’être global était le cosmos dont on pouvait songer à achever de dire son essence. Ce principe de clôture donnait d’emblée un principe d’organisation : l’ordre du savoir décalquant l’ordre du monde. De là, l’uniformité de style des encyclopédies médiévales et le peu d’originalité dans le choix des titres : De natura rerum, De proprietatibus rerum, De Universo, Speculum naturae. Le principe de totalisation repose dans l’additivité pure et simple, mais il va être rendu impossible par le passage d’un monde clos à un univers infini et par la mathématisation de la nature qui exige que l’on suive un ordre des raisons dans l’exposé de sa connaissance.

(...)

Comment se contenter de cette juxtaposition de savoirs et de cette poussière de connaissances ? Certes, le philosophe ne proclamera plus la Vérité et n'énoncera plus le Savoir. Il ne sera plus le Prince de la Science, il ne fera plus l'ultime synthèse. Il tentera cependant, dans l'éclatement des vérités et l'enchevêtrement des sciences, de réaliser une communication des savoirs parcellaires et une articulation des vérités. Travail démocratique, car articuler et relier, c'est mettre fin à la terreur et au pouvoir des discours séparés. Sans rechercher une théorie unitaire, le philosophe et l'épistémologue s'efforceront de trouver une Méthode : Il s'agit d'en-cyclo-péder, c'est-à-dire d'apprendre à articuler les points de vue disjoints du savoir en un cycle actif... L'encyclopédisme ici requis vise à articuler ce qui est fondamentalement disjoint et qui devrait être fondamentalement joint. L'effort portera donc, non pas sur la totalité des connaissances de chaque sphère, mais sur les connaissances cruciales, les points stratégiques, les nœuds de communication, les articulations organisationnelles entre les sphères disjointes[1]. » L'articulation des connaissances brise les secrets et les pouvoirs des sciences séparées. Philosopher prend donc un nouveau sens de nos jours. Le philosophe a fait son deuil de l'Absolu, il tente simplement, hic et nunc, ici et maintenant, à une époque historique donnée, de mettre fin à la terreur des discours et des appropriations privés. Le philosophe brise les secrets et met en évidence les articulations des savoirs. Travail essentiellement démocratique où la voix, qu'on disait muette, de la philosophie se fait de nouveau entendre.

livre_010.gifLire l'intégralité de l'article publié sur France 2025



[1] E. Morin, La méthode, Le seuil, Paris, p. 19.


[2] P. Lévy, L’intelligence collective : Pour une anthropologie du cyberespace, Ed. de la Découverte, 1995.

espace_025.gifConférence sur Wikipédia et projets frères

Julien Fayolle parlera d’abord de la genèse de Wikipédia, de ses objectifs, de son fonctionnement et présentera les premiers stades de son développement.

Il soulignera ensuite les « projets-frères », des projets hébergés par la Wikimedia Foundation et dont le contenu est aussi sous licence libre.

À chaque étape de son développement Wikipédia a rencontré des problèmes d’un genre nouveau, que ce soit au niveau de l’écriture collaborative, de la politique des licences ou de la crédibilité du contenu. Julien Fayolle essaiera de faire un panorama de ces défis actuels et dessinera les prochains chantiers qui peuvent attendre Wikipédia.

Le conférencier : Julien Fayolle est secrétaire de l’association Wikimédia France depuis février 2008. Il contribue à Wikipédia depuis 2003 et est membre de l’association depuis 2005. Il travaille comme enseignant-chercheur en informatique après avoir été pigiste dans le domaine sportif.

L’association Wikimédia France a pour objectif la diffusion de la connaissance libre ainsi que la promotion et le soutien des projets hébergés par Wikimedia Foundation (Wikipédia, Commons, Wikisource, etc).

La conférence se déroulera à l’Espace Loisirs et Multimédia, 105 avenue de La Bourdonnais, 75007 Paris (Métro : École Militaire) le mardi 10 février de 19h15 à 20h45.

Entrée libre, dans la limite des places disponibles. S’inscrire à www.parinux.org

Pour en savoir plus



[1] Selon la définition : Le Petit Robert

10.01.2009

Evelyne Rogue, Internet ou le rêve encyclopédique du 21ème siècle

livre_011.gifL’internet tisse entre tous les êtres humains une cotte hypermédiatique susceptible – à terme de conduire au-delà de lui-même, et de lui donner par suite une portée inédite. Réitération, en somme, de l’exploit effectué par l’écrit, puis par l’imprimerie, mais à une échelle tout autre dont la finalité n’en semble pas moins proche du projet encyclopédique dont on sait que l’origine du terme remonte au 16ème siècle. Apparaît immédiatement l’idée d’une totalisation du savoir, d’une appréhension générale et ordonnée des différents domaines de connaissance ; mais également le caractère irréaliste d’une telle ambition. Autrement dit, l’encyclopédie (egkuklios païdeia) en tant qu’« instruction circulaire, embrassant le cercle entier des connaissances[1] » serait condamnée à n’être qu’un projet, et à le rester par définition. Cependant, puisque ce projet existe réellement, même si l’encyclopédie réalisée n’est encore qu’un espoir, c’est non seulement la question de son sens, mais aussi celle de sa finalité qui se posent. Pourquoi des hommes se sont-ils efforcés de construire ce « grand œuvre » durant des vies entières ?

Comme l’érudition, l’esprit encyclopédique est souvent devenu une expression péjorative, et l’encyclopédisme, qui a d’abord désigné de façon neutre le système ainsi que les principes des encyclopédistes, est le plus souvent employé pour stigmatiser les programmes trop ambitieux dans le cadre scolaire, ou plus généralement la tendance à l’accumulation passive et désordonnée des connaissances. Il n’en demeure pas moins vrai que l’horizon de l’institution scolaire est celui de l’encyclopédie de tous les savoirs, la définition principielle de l’école étant qu’aucune ignorance n’est utile. Une tête bien faite n’est jamais vide ! Si en fait nul ne peut prétendre maîtriser les savoirs ; en droit, ils sont accessibles à tous. Les limites de l’intelligence, et plus prosaïquement de la vie humaine interdisent évidemment l’accès de chacun à la totalité des savoirs disponibles. Certes, avec Diderot le rêve d’une maîtrise par un seul homme de l’ensemble des connaissances a été définitivement abandonné, non seulement parce que leur abondance submerge l’esprit, mais aussi parce que le rapport au monde a changé à partir de la Renaissance. Auparavant l’organisation du savoir reflétait le cosmos fini en une totalisation pensée sous la modalité de l’addition comme les cosmogonies de l’Antiquité ou les « Sommes » du Moyen Age. Mais en passant du monde clos à l’univers infini, en mathématisant la nature, l’âge moderne a invalidé un ordre du savoir désormais incapable de décalquer le réel. Le savoir des érudits ne serait-il alors qu’une ignorance déguisée parce qu’intrinsèquement privé de sagesse et de méthode, plus grave que l’ignorance savante de ceux qui savent qu’il nous savent pas et que Montaigne tient en si haute considération quand il traduit la pensée de Socrate en ces mots : « sa meilleure doctrine était la doctrine de l’ignorance » ? Faut-il couvrir d’opprobre les têtes bien pleines parce qu’elles auraient trop étudié ? Et Montaigne d’insister en ces termes : « Je dirais volontiers que, comme les plantes s’estouffent de trop d’humeur [eau], et les lampes de trop d’huile : aussi l’action de l’esprit, par trop d’estude et de matière, lequel, saisi et embarrassé d’une grande diversité de choses, perde le moyen de se desmeler ; et que cette charge le tienne courbe et croupi[2] ». On comprend aisément que Montaigne ait eu à réagir contre la confusion du savoir et de l’érudition des humanistes de la Renaissance ; cette érudition étant encore considérée comme une accumulation de connaissances. Les réflexions de Montaigne nous sont d’ailleurs plus que jamais précieuses, car nous sommes entrés avec Internet dans l’ère de la « (sur)information », de la « documentation », des « données » que l’on « stocke » non seulement dans les « banques » des ordinateurs, mais aussi sur des  sites web. Des champions sont exhibés à la télévision ou ailleurs pour faire admirer leur mémoire et la vitesse de leurs réactions. Mais qui oserait confondre ses jeux, au demeurant distrayants et souvent sans prétention, avec la culture depuis que Montaigne nous a utilement prémunis contre les ravages d’une mémoire privée de jugement ? « Sçavoir par cœur n’est pas sçavoir : c’est tenir ce qu’on donné en garde en ma mémoire. Ce qu’on sçait droitement, on ne dispose, sans regarder au patron, sans tourner les yeux vers son livre. Fâcheuse suffisance, qu’une suffisance livresque ![3] » Pourtant l’opposition construite par Montaigne entre la tête bien faite et la tête bien pleine a durablement discrédité les vertus de l’érudition en pervertissant quelque peu le sens originel de ce terme.

Une authentique érudition ne ressemble en rien à l’empirisme des connaissances, elle est d’abord recherche de la précision et capacité d’acquérir une vue générale. Les « généralités » ne sont point ce survol vague et vide de connaissances mal reliées, mais ce qui témoigne de l’intention profonde de l’esprit encyclopédique. Le but de Montaigne est à l’évidence d’opposer la sagesse du jugement à la surcharge de la mémoire, mais l’opposition prend les allures d’un argument spécieux si l’on veut bien considérer le contraire de la tête bien pleine n’est pas la tête bien faite mais la tête vide. Et l’auteur d’ajouter : « Je voudrois aussi qu’on fut soigneux de luy choisir un conducteur qui eust plutost la teste bien faicte que bien pleine, et qu’on y requit toutes les deux, mais plus les meurs et l’entendement que la science[4] ». Dès lors, la science elle-même, n’est pas affaire de pure érudition sans structure, mais bien de jugement sur un contenu. Il n’existe pas de sagesse sans mémoire, celle-ci étant une faculté reflétant le degré d’organisation de l’esprit. Montaigne d’ailleurs ne s’y est pas trompé en ajoutant à sa formule ces propos trop souvent oubliés : « je voudrais qu’on y requis toutes les deux ». Les mots nous trompent et il faudrait toujours pour éviter des contresens en revenir à leur signification profonde. L’érudition s’est dégradée en accumulation désordonnée dans l’imaginaire mental alors qu’elle fut originellement et étymologiquement très voisine de la notion si riche d’instruction elle-même victime d’un injuste discrédit. Erudire est un verbe latin signifiant « enseigner, instruire », à partir duquel a été formé eruditio qui peut être traduit par « enseignement » et « instruction » au double sens de l’acte d’instruire et du résultat de cet acte. Nous retrouvons ici la dualité sémantique présente en français entre le verbe « savoir » (comme acte) et le nom « savoir » (comme résultat). Et lorsque l’on sépare le résultat et l’acte, on s’expose aux paralogismes que Montaigne a beau jeu de dénoncer. Très précisément erudire est formé de deux mots : « ex rudis » ; ex étant ici la négation de rudis « grossier ». L’érudition désigne donc l’action de dégrossir, c'est-à-dire d’entrer dans le monde de la culture. Il faudrait s’en souvenir afin de ne pas confondre l’accumulation des savoirs avec leur assimilation. On peut savoir « par cœur » parce qu’on additionne mécaniquement des mots ; et Montaigne a raison de dire que ce savoir n’est pas savoir, car il lui manque l’instruction. De la même manière, collecter des informations, réunir une documentation, trouver un renseignement sont des opérations étrangères à l’acte de savoir si celui-ci est bien l’acte d’être instruit. Précisions : l’information et la documentation sont le résultat du savoir, non son préalable. Apprendre une nouvelle n’est pas la savoir. Obtenir un renseignement n’est pas recevoir un enseignement. S’instruire n’est pas s’informer. Car il faut être instruit pour s’informer. On ne peut apprendre que ce que l’on intègre à ce qu’on sait déjà. Pour qu’une nouvelle soit apprise et comprise, il faut qu’elle soit référée à un savoir.

Or, l’organisation du savoir offre une multiplicité de points de vue sous lesquels le réel peut être représenté, et chacun de ces points de vue propose autant de systèmes possibles de connaissance. Le projet encyclopédique exige ainsi plus que la réalisation d’une bibliothèque portative ou qu’un dictionnaire des connaissances humaines. Certes, pour servir les fins que nous avons aperçues, il se doit d’être plus que cela. Mais n’est-ce pas encore trop peu ? Si elle n’est qu’une somme, l’encyclopédie se contente de juxtaposer des connaissances selon une organisation thématique ou alphabétique, c'est-à-dire contingente et empirique. En général, se pose aussi le problème de l’hétérogénéité de ces connaissances en ce qui concerne leur scientificité. L’ensemble ainsi formé n’est tel que d’être consigné dans un même ouvrage organisé de façon précise et pratique. Mais le principe d’ordre n’est pas vraiment satisfaisant dans la mesure où il est arbitraire et extérieur. Ainsi, l’ordre alphabétique ne prend nullement en compte la nature des savoirs qu’il juxtapose plus qu’il ne les articule. Pour reprendre une expression kantienne, une telle encyclopédie en resterait à une « rhapsodie » de connaissances. C’est la raison pour laquelle les collaborateurs de l’Encyclopédie, au XVIIIè, ont choisi un ordre d’entrée alphabétique respectant cette multiplicité, aux antipodes de l’unité cosmique perdue, mais avec des renvois qui constituent, selon Diderot, « la partie de l’ordre encyclopédique la plus importante ». Mutatis mutandis, on retrouve, qu’on le veuille ou non, un enjeu pragmatique. En effet, ce projet ne vise pas d’abord des fins contemplatives mais cherche avant tout à rendre utilisables et « maniables » par le plus grand nombre les connaissances accumulées de façon anarchique par l’humanité. Le projet encyclopédique aurait pour finalité la communication des informations entre les hommes ainsi que leur enrichissement mutuel. Tel semble être le cas de « l’encyclopédie de l’agora[5] » ; chacun possédant un certain point de vue sur l’univers, il accède forcément à un certain type de connaissance. Dès lors, on comprend mieux que le projet encyclopédique soit aussi à l’articulation des sciences et de la société. Il est en même le révélateur et l’instrument d’une évolution sociale décisive ainsi que d’une formation du citoyen et de l’homme irréversible. Ce sont les pères du projet encyclopédique du XVIIè siècle qui ont mis en évidence pour la première fois avec autant de clarté la fonction sociale de la connaissance et de la science. On remarque ainsi à quel point l’évolution politique et sociale est étroitement liée à la diffusion des lumières et du projet encyclopédique. Car si l’encyclopédie prépare la révolution, le changement radical de l’organisation politique et sociale permet en retour au projet encyclopédique de prendre toute son ampleur et de croître encore davantage. Projet et progrès sont deux références au futur, au devenir de l’humanité et se présentent comme deux idéaux, deux moteurs essentiels de l’action humaine. Le progrès est ainsi lié à l’idée d’une accumulation des savoirs qui rendent possible l’amélioration de l’homme et de sa condition. Le projet, comme image idéale de ce qu’il y a à faire, donne à l’homme une référence qui peut le conduire à se dépasser. Nous avons déjà analysé le rôle didactique de l’encyclopédie qui vise à transmettre savoir et savoir-faire afin de former un individu complet et d’améliorer ainsi la condition humaine. Mais Diderot va plus loin dans son articule Encyclopédie, puisqu’il affirme que celle-ci a été créée pour « changer la façon commune de penser ». C’est ainsi que quelques siècles plus tard, l’internet en s'appuyant sur les trois processus fondamentaux d'extension, d'intégration et de visualisation, a rendu possible une gestion de la connaissance qui est plus rapide, plus large et plus complète, tout en étant plus aisée à exercer. Cette étape de la vie de l'encyclopédie a déjà donné lieu à des innovations sans précédent mais également à des problèmes de fond, dont certains relèvent une importance cruciale pour le développement de l'enseignement universitaire et le futur de la connaissance rationnelle. Quant à la multiplication des échanges, elle se pose comme garante d’une augmentation de notre savoir lequel sera plus que la sommation des découvertes de chacun. De ce point de vue, l’encyclopédie paradigmatique semble bien être « wikipédia[6] ». Mais pour que le projet se réalise, il faut aussi que les individus collaborent ; comme nous le propose par exemple l’encyclopédie Larousse[7].

La visée philanthropique de ce projet se meut in fine en visée apologétique, car l’Encyclopédie récapitule les savoirs afin de les proposer aux contemporains, et à la suite des générations est aussi un « dictionnaire raisonné », conformément à son étymologie[8] formée de trois termes grecs que sont : « en », « en », « kuklos », et « paideia ». De plus, « Paideia[9] » signifie aussi « éducation » ; l’encyclopédisme au sens noble du terme se donne donc à interpréter comme un idéal pédagogique sans cesse repensé. Cercle indéfini de la quête des savoirs, reflet de notre emprise sur un monde qui pourtant se dérobe, on comprend que l’encyclopédisme, fusse-t-il sous forme de culture informationnelle, inquiète et fascine tout à la fois.

Evelyne Rogue



[1] Selon la définition : Le Petit Robert

[2]Montaigne, Essais, I, 25

[3]Montaigne, Essais, I, 25

[4]Montaigne, Essais, I, 25

[8] « en » qui signifie « en », « kuklos » signifiant cercle », et « paideia » désignant les connaissances ».

[9] de pais, l’enfant, d’où dérive « pédagogie »

 

07.01.2009

L’exposition virtuelle

L’exposition virtuelle sur paris.fr

Pour la première fois, la Ville de Paris propose à partir d’aujourd’hui sur paris.fr, de redécouvrir de façon détaillée une exposition actuellement à l’affiche à l’Hôtel de Ville. Le site Internet conçu spécialement pour l’occasion retrace les grandes étapes de l’exposition "Jacques Prévert, Paris la Belle" en rendant accessible en ligne une centaine des œuvres présentées.

Extraits de films, montages de l’artiste, photos, extraits sonores, textes manuscrits, les internautes pourront découvrir ou retrouver le travail de Jacques Prévert tel que l’ont mis en scène dans la salle Saint Jean de l’Hôtel de Ville sa petite fille Eugénie Bachelot Prévert et N. T. Binh, les deux commissaires de l’exposition.

Cette nouvelle approche permet au public toujours plus nombreux de ces expositions de poursuivre sa découverte de l’artiste ou pour ceux qui n’ont pas la possibilité de se rendre à l’Hôtel de Ville de rentrer en contact avec le riche univers de Jacques Prévert, amoureux de Paris. Cette exposition virtuelle restera en ligne après la fin de l’exposition réelle, permettant ainsi aux curieux de garder dans le temps un lien à ces événements culturels populaires.

Deux jeunes sociétés parisiennes Faber Novel et Chugulu Games ont réalisé ce site sous la direction des équipes de la Ville de Paris, donnant ainsi un nouveau visage à la culture parisienne.

Pour découvrir cette nouvelle expérience, rendez-vous sur » prevert.paris.fr

05.01.2009

Meilleurs Voeux 2009

" Le bonheur est la plus grande des conquêtes, celle qu'on fait contre le destin qui nous imposé. "(A. Camus)

Bonne et heureuse année 2009

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Pour visualiser la version powerpoint : cliquez ici

29.12.2008

Pratiques de consommation de vidéos sur internet

 

livre_011.gifUne étude sur les pratiques de consommation de vidéos sur Internet

Sylvain Dejean, Thierry Pénard, Raphaël Suire (décembre 2008)

 

Cette note de synthèse [1] présente les principaux résultats d’une enquête sur la consommation de vidéos (plus largement sur la consommation de contenus audio-visuels) sur Internet, menée par Marsouin en 2008, auprès d’un échantillon de 2 000 personnes, représentatif de la population en Bretagne [2].

Principaux enseignements :

- La consommation de vidéos sur l’Internet (en streaming ou en téléchargement) est un phénomène générationnel, avec un clivage fort entre les jeunes internautes, consommateurs réguliers de vidéo en ligne et les internautes plus âgés, qui dans leur grande majorité ne consomment aucune vidéo sur Internet. Les contenus les plus regardés sont les clips musicaux et les vidéos humoristiques, généralement sur des sites de partage du type YouTube et Dailymotion. Les films et séries sont surtout consommés par les utilisateurs des réseaux Peer-to-Peer (P2P).

- Il existe une forte complémentarité entre les consommations de contenus audio-visuels sur l’Internet et les consommations hors Internet (cinéma, DVD loué et/ou acheté). Les individus qui téléchargent des vidéos sur les réseaux P2P sont également ceux qui achètent le plus de DVD.

- Enfin, les utilisateurs de réseaux P2P se caractérisent par une disposition à payer plus élevée que les autres internautes pour une offre légale de vidéos en ligne, adaptée à leurs besoins.

Pour en savoir plus

 

21.12.2008

Safer Internet Day

crayon_004.GIFPour préparer le Safer Internet Day, journée européenne de sensibilisation aux usages d'Internet, qui se déroulera cette année le 10 février 2009 dans plus de 50 pays, la Commission européenne lance dans toute l'Europe un quizz auprès des 10-15 ans. Cet événement est relayé en France par Internet Sans Crainte, représentant français du programme européen Safer Internet Plus.
Le Quizz porte sur une série de questions à choix multiple sur le thème des médias, de la sécurité en ligne, de la culture, de l'histoire et de la géographie. A la fin du quizz, un défi spécial attend les participants. La diversité des questions reflète la valeur d'Internet comme outil d'apprentissage et de recherche d'informations. Les gagnants européens du quizz seront invités aux festivités du Safer Internet Day  à Luxembourg.

Pour faire participer les jeunes de vos territoires, dans vos EPN :
- Le quizz est en ligne sur le site www.internetsanscrainte.fr
- Des bannières dans différents formats sont disponibles pour relayer l'évènement sur vos sites.

La Journée Safer Internet est organisé chaque année au mois de février depuis 2004, dans le cadre du programme européen Safer Internet Plus. Il a pour objectif de promouvoir une utilisation plus sûre et plus responsable des technologies en ligne par les mineurs dans le monde entier. En 2008, plus de 120 organisations dans 56 pays y ont participé à travers des événements nationaux et paneuropéens.

Contact : Pascale Garreau, Communication Internet Sans Crainte pascale.garreau@education.gouv.fr

Hedwige CORNET
Délégation aux usages de l'Internet
http://www.delegation.internet.gouv.fr

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